BARACK OBAMA

Le G20 s'achève sur un accord salué comme un tournant historique

Le sommet du G20 a décidé jeudi à Londres d'accroître considérablement les ressources des institutions financières internationales et de publier une liste des paradis fiscaux, au terme d'une journée marquant "un nouvel ordre mondial" selon Gordon Brown, un "tournant" selon Barack Obama.

Les dirigeants des grands pays développés et émergents, réunis pour "affronter le plus grand défi auquel fait face l'économie mondiale dans les temps modernes", selon les termes de leur communiqué final beaucoup plus agressif et concret que dans la plupart des réunions de ce genre, n'ont pas hésité à faire voler des chiffres astronomiques.

Ils ont en particulier décidé de tripler les ressources du Fonds monétaire international (FMI) à 750 milliards de dollars, d'autoriser le FMI a émettre des Droits de Tirages spéciaux (DTS) pour 250 milliards de dollars et à vendre de l'or, parmi des mesures représentant un total de 1.100 milliards de dollars.

Ils ont aussi assené que l'ensemble des mesures prises par le G20 devrait permettre d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010, et promis de faire plus si nécessaire.

Les pays du G20 ont décidé aussi de mettre en oeuvre de "nouvelles règles" sur les salaires et les bonus des dirigeants au niveau mondial.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a considéré que ce sommet marquait la naissance d'un "nouvel ordre mondial", et "le jour où le monde s'est mis ensemble pour combattre la récession".

"Nous partons du principe que la prospérité est indivisible que la croissance pour être durable doit être partagée (...). Nous pensons que la seule fondation sûre d'une mondialisation soutenable et l'augmentation de la prospérité pour tous est une économie ouverte fondée sur le principe de marché, une régulation efficace et des institutions mondiales solides", affirme le communiqué.

Le président américain Barack Obama, qui effectuait ses premiers pas officiels en Europe et qui a été la star de cette réunion, a considéré que le sommet avait été "très productif", et constituait un "tournant dans notre recherche de la reprise économique".

Il est revenu sur le débat autour de la relance qui était apparu récemment entre Européens et Anglo-Saxons, estimant que les commentateurs avaient "confondu ce qui était un débat honnête et ouvert avec des différences irréconciliables". De fait, ces divergences ont été totalement lissées dans le communiqué final.

Le président Nicolas Sarkozy s'est déclaré "heureux" que ce sommet soit allé "au-delà de ce que nous pouvions imaginer". La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part salué un "compromis historique pour une crise exceptionnelle".

Tous deux ont obtenu la publication par l'OCDE d'une liste des pays considérés comme paradis fiscaux qu'ils réclamaient. Selon M. Sarkozy, cette liste devait être rendue publique dans la soirée de jeudi.

Grand bénéficiaire de ce G20, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a considéré à son tour que les annonces de jeudi représentaient "le plus grand plan de relance coordonné jamais décidé".

L'image du G20 a bénéficé aussi d'une mobilisation moins forte que prévu des manifestants mercredi et jeudi. Il était de toute façon impossible d'approcher jeudi à moins de 600 mètres du centre d'exposition Excel, dans l'est de Londres, où se tenait la réunion. Toutefois, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées mercredi, à la suite de manifestations parfois violentes au cours desquelles un homme est mort d'un malaise.

Les Bourses ont semblé réagir en fanfare à la démonstration d'unité des leaders mondiaux, terminant en hausse de plus de 4% à Londres et 5% à Paris.

Même les organisations non-gouvernementales n'ont pas, en général, critiqué le résultat du sommet, tout en avertissant, comme l'organisme "Save the Children", que "les promesses couchées sur un communiqué ne signifient pas grand chose si elles se sont pas suivies d'effet".

Ce sommet devrait être suivi d'un autre à l'automne, qui devrait se tenir, selon M. Sarkozy, en septembre prochain à New York, juste après l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

Matt Tresby

BARACK OBAMA PRESIDENT POUR LE CHANGEMENT

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